Ca arrive assez souvent, maintenant que c'est les vacances. Je suis invité à des soirées. De tous les hommes de cette planète, je dois être dans le top 10 des asociaux et c'est la troisième
soirée post-bac qu'on me sort cette semaine. Je pense que Sophie y est pour quelque chose, elle insiste beaucoup en ce moment pour que je sorte voir les gens. Allez comprendre!
Mais bon. J'ai décidé d'y aller (comme quoi on apprend jamais) et de voir s'il n'y avait pas des gens intéressants. C'est un coup d'une chance sur dix milliards, mais on ne sait jamais. Je suis
arrivé chez Clementine avec ma Vodka Absolut (merci, Veg ;) ). Il y avait environ dix personnes et je ne connaissais que Clem'. Celle-ci est arrivée en robe rouge magnifique et a absolument
insisté pour me présenter à tout le monde. Maudits soient les francais avec leur manie de se serrer la main et se faire des bisoux. Pendant dix minutes, j'ai été en contact corporel avec des
inconnus qui me donnaient leur nom, que j'oublai évidemment la seconde d'après. Par contre, le contact avec la paume des messieurs et la joue des demoiselles m'a fait frissoner. J'ai passé dix
minutes aux toilettes pour me laver les mains et le visage et j'ai dû faire un violent effort pour ne pas m'enfuir en courant.
Heureusement, des gens plus compréhensifs sont arrivés et je n'ai plus eu d'autre contact physique avec les gens. La soirée avancait. J'étais assis dans un canapé, sirotant mon verre
d'Absolut. Le canapé s'avéra être une erreur. Ca doit être l'alcool qui m'a fait oublier que le seul meuble sûr est un fauteuil à une place. Evidemment, celle que j'avais désigné dans mon for
intérieur comme LA dragueuse de la soirée, me voyant esseulé, s'est avancée et s'est assise à coté de moi. J'aimerais être plus laid, quelquefois, ca m'éviterait pas mal de problèmes. Elle
était assez jolie, avec une jupe noire, haut assorti, ses cheveux blonds longs lui tombant un peu devant le visage. Des yeux bleus-gris. Elle tenait un verre de liquide brun, probablement du
whisky. Elle poussa un soupir en regardant le groupe de damoiseaux que j'avais salué en début de soirée.
Elle: "Ces gars sont nuls"
Moi: "J'imagine. Vu leur habillement, ce sont les dragueurs classiques de soirée. L'homme banal, sans particularité, sans grande culture, qui se fond dans la foule et quio,
dans son manque de clairvoyance et sa banalité, compose ce qu'Hitler appelait "la Masse""
Je ne suis d'habitude pas aussi éloquent, ca doit être l'alcool. Elle s'est tournée vers moi, un sourire ironique aux lèvres: "Tu serais pas un chouia prétentieu,
toi? "
"Arrogant. Ce qui n'est pas exactement la même chose, je crois."
"Ah oui? Pour moi, tu m'a l'air d'être l'asocial de la soirée, celui qui boit tout seul dans un coin et qui n'attend qu'une chose, c'est qu'une jolie fille vienne lui
demander pourquoi il boit tout seul"
"Analyse assez pertinente pour à peu près tous les "asociaux". Mais pas pour moi. Je bois seul parce que j'aime être seul, tout simplement. On
m'a trainé à cette fête presque contre ma volonté."
"Dommage."
"Parce que tu t'es dit que tu allais être celle qui irait demander
au pauvre asocial pourquoi il boit seul."
"Oui"
Nous sommes restés un moment silencieux à boire dans nos verres respectifs. Elle a fini par briser le silence:
"Moi aussi, j'aime bien être seule. Je préfère ca à la compagnie de ce genre, désignant les messieurs susnommés, de personnes. Alors je me suis dit que...on pourrait être seuls à deux. De toute facon, on est tous seuls."
"Si tu me piques mes répliques, ca va pas
aller."
Elle a ri. Je n'ai pas pu retenir un sourire. Puis Clem est arrivée. Elle nous a jeté un regard bizarre avant d'entrainer mon interlocutrice vers la table
ou étaient posés les pizzas.
"Tu viens manger un peu, Marion?"
Marion. Prénom banal. Mais la porteuse du prénom l'est beucoup moins.
A suivre.